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Quilaztli, un petit monde d'histoire

Blog Histoire, voyages, animaux, recettes. Je fais mes articles au gré de mes envies....Si certains veulent rajouter des infos n'hésitez pas à commenter, je répondrais. Mais ici, c'est le respect avant toute chose, commentaire insultant ou n'étant pas correct ne sera pas publié! Ici c'est un partage d'idées, d'infos et cela, en toute sympathie. Vous pouvez me retrouver sur ma page FB : Quilaztli un petit monde d'histoire

Le pirate François l'Olonnais

Publié le 31 Juillet 2012 par Quilaztli in Histoire

Le pirate : François l’Olonnais

 

 

 

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Jean-David Nau est considéré comme l’un des pirates les plus sanguinaires et cruels de toute son époque mais des autres aussi. Il est né aux Sables d’Olonne, en France, en 1630.

 

Jean-David Nau est nommé François l’Olonnais mais aussi « L’Olonnais, l’Olonnois, Lolonois ou encore Lolona ».

 

C’est avec Michel le Basque, un autre pirate français, que l’Olonnais a commit ses principaux actes de piraterie. L’Olonnais était très actif dans la mer des Caraïbes en 1660.

 

 

 

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Ses débuts

 

Lorsque l’Olonnais est arrivé dans les Caraïbe, il était serviteur sous contrat. C’était en 1650. Ce n’est qu’en 1660 que son contrat fut complet et qu’il se mit à aller d’île en île pour finalement s’arrêter à Saint-Domingue. Cette île faisait partie d’une colonie française de 1659 à 1809.

 

C’est là que l’Olonnais devint boucanier et qu’il commença à s’attaquer au transport de l’Inde occidentale espagnoles. Après plusieurs années en tant que boucanier, l’Olonnais devint alors un flibustier et il reprit la mer.

 

Devenu un pirate, l’Olonnais sait prendre de grandes décisions et fait preuve d’un courage sans borne. Si bien que lorsque son capitaine tombe au combat, tout l’équipage va le nommer capitaine.

 

Lors d’une forte tempête, l’Olonnais va perdre son navire mais sa grande réputation de corsaire va lui permettre, avec le soutien du gouverneur français Frédérick Deschamps de la Place, l’Olonnais va refaire une nouvelle unité. Le gouverneur Frédérick Deschamps est installé sur l’île de la Tortue, de 1662 à juin 1665.

 

L’Olonnais est très cruel et il va acquérir une grande réputation de méchanceté auprès des ses prisonniers car tous les navires espagnols et toutes les villes sur la route du pirate vont combattre contre lui jusqu’au dernier homme vivant.

 

 

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Après plusieurs bonnes captures, L’Olonnais va faire naufrage au Mexique, non loin de Campêche. A l’arrivée des Espagnols qui les ont débusqués, ceux-ci vont abattre tout l’équipage d’Olonnais. Ce dernier n’aura la vie sauve qu’en se barbouillant de sang et en se dissimulant sous les cadavres de son équipage.

 

Après le départ des espagnols, l’Olonnais va se vêtir de l’uniforme d’un espagnol et va rejoindre la ville de Campêche. Il va ensuite convaincre des esclaves de venir avec lui et il s’empare d’un canot pour partir vers l’île de la tortue, à la rame.

 

Toujours grâce à l’aide du gouverneur Frederick Deschamps de la Place, l’Olonnais va armer un nouveau navire. Pendant ce temps, les espagnols sont entrain de fêter leur victoire sur ce pirate dont ils avaient tellement peur.

Mais l’Olonnais est déjà là et il guette les galions espagnols qui sont ancrés devant la Havane.

La Havane est la capitale de Cuba.

 

 

Quelques temps plus tard, l’Olonnais tint en otage une ville de l’île de la Tortue. Il exigea une rançon des souverains espagnols. C’est à ce moment-là, que le gouverneur de la Havane a envoyé un navire pour capturé l’Olonnais. Mais ce dernier fit un massacre, il décapita et captura l’ensemble de l’équipage du navire envoyé par le gouverneur. Il épargna un seul marin afin que celui-ci délivre un message à la Havane.

 

 

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Maracaïbo

 

C’est en 1667 que l’Olonnais se dirigea vers Maracaïbo avec son équipage, une flotte de 8 navires et plus de 600 pirates. Il a pour compagnon le grand flibustier Michel le Basque.

 

En cours de route, l’Olonnais captura un navire espagnol dont la richesse était exceptionnelle : une cargaison de cacao, des pierres précieuses et des pièces de Huit plus de 260 000.

 

Les pièces de huit sont des dollars espagnols, c’est une médaille d’argent d’environ 38 millimètres de diamètre et d’une valeur de huit réaux. C’est une unité de monnaie durant le 14e siècle qui était utilisée par les espagnols.

 

Lorsque l’Olonnais arriva à l’entrée du port de Maracaïbo, il savait que ce port était défendu par le Fort San Carlos de la Barra et qu’il y avait comme défense 16 canons. Le port était réputé pour être imprenable.

 

Mais l’Olonnais approche du côté terrestre sans défense, il lui a fallu quelques heures pour y parvenir. Il va débarquer ses hommes à l’abri des canons du Fort. Une fois là, il put piller la ville mais il constata que la plupart des habitants avaient pu fuir et qu’ils avaient pu cacher tout l’or qu’ils possédaient. Certains habitants qui n’avaient pas pu fuir, se retrouvèrent torturés et traqués afin qu’ils révèlent l’endroit où étaient leurs biens.

 

 

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Mais les pirates apprennent qu’un détachement espagnol a été envoyé en renfort alors qu’ils sont encore occupés à piller la ville. Avec un groupe d’environ 380 hommes d’équipage, l’Olonnais va mettre en pièce la troupe de renfort des espagnols.  Ceux-ci perdront alors 500 hommes alors que les pirates n’auront que 30 blessés et 40 morts.

 

L’Olonnais se rendit au Fort qu’il  saisit et il démolit presque tous les murs qui protégeaient la ville afin de pouvoir s’assurer qu’une fuite précipitée pour lui et son équipage allait être possible.

 

L’Olonnais était un expert tortionnaire, il avait des techniques qui incluaient le tranchage des parties de la chair de la victime avec une épée ou encore il les brûlait vifs. Il avait une autre technique nommée « woolding ». Cela consistait à nouer une corde autour de la tête de la victime jusqu’à ce que les yeux de celle-ci, soient forcés de quitter les orbites.

 

Durant 2 mois, l’Olonnais et son équipage va piller, brûler et même violer. Puis il se dirigea vers le sud de Gibraltar, sur la rive sud du lac de Maracaïbo.

 

L’Olonnais était en infériorité avec ses hommes cependant, il a réussit à tenir la ville afin d’obtenir une rançon. Cette rançon lui fut payée, il reçu 500 vaches et 20 000 pièces de huit. Mais pour l’Olonnais ce n’était pas suffisant et il a continué à saccager la ville et il accumula ainsi 260000 pièces de huit, de l’argenterie, de la soie, des pierres précieuses et un très grand nombre d’esclaves. Le butin des pirates est alors estimé à 260000 pièces de huit, et environ 100000 couronnes d’objets de cultes et beaucoup de bijoux.

 

Gibraltar est sous la coupe de l’Olonnais et il inflige à la ville de nombreux dégâts. Cette ville a presque cessé d’exister en 1680.

 

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A cause de ses attaques sur Maracaïbo et Gibraltar, l’Olonnais a augmenté sa réputation en férocité, cruauté et on lui a donné le nom de « Fléau des Espagnols ».

 

Lorsque l’Olonnais décida de monter sa nouvelle expédition, contre l’Amérique centrale cette fois-ci, il avait enrôlé avec lui, 700 pirates. Il envisage de s’attaquer au Nicaragua espagnol. L’Olonnais a pour objectif premier d’aller au cap Gracia à Dios (Honduras aujourd’hui). Mais malheureusement pour lui, l’Olonnais et ses navires furent prit dans une tempête et les courants forts l’amenèrent dans le golfe du Honduras.

 

C’est alors que l’Olonnais va décider, le temps que la météo se calme, de piller les côtes. Ils s’attaquent aux petites villes de pêcheurs et aux Indiens. Les pirates détruisent toutes leurs cabanes et volent leurs bateaux. Mais le butin récolté est plutôt maigre et cela attise la haine qu’ils ont.

 

 

L’Olonnais le terrible

 

 

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Après un autre pillage à Puerto Caballo (une ville du nord du Venezuela), l’Olonnais fut pris en embuscade par des soldats espagnols qui étaient en route pour San Pedro. L’Olonnais sauva sa vie de justesse et s’échappa mais il captura 2 espagnols. C’est Alexandre-Olivier Exquemelin qui rapporta certains récits :

 

  • « Il tira son coutelas et ouvrit la poitrine d’un des espagnols, il tira son cœur avec ses mains et commença à mordre et à manger avec ses dents, comme un loup qui serait affamé. »

 

L’espagnol survivant était horrifié et il montra alors un itinéraire clair à l’Olonnais.  Mais les quelques hommes encore survivants d’Olonnais et lui-même ont été repoussés et ils durent remonter sur leur navire.

 

  • « Il avait prit pour habitude de tailler en pièces et d’arracher la langue aux personnes qui n’avouaient rien sous la torture. S’il avait pu, il aurait aimé procéder de même avec les espagnols. Souvent, il arrivait que quelques-uns de ces malheureux prisonniers, sous la torture, promettent de montrer l’endroit où se cachaient leurs compatriotes avec leurs richesses. Ensuite, s’ils ne retrouvaient pas l’endroit précis, ils mouraient d’une mort bien plus cruelle que leurs camarades. »

 

Exquemelin a été chirurgien des Frères de la Côte au 17e siècle, on l’appelait aussi Oexmelin. Il est né vers 1645, sa date de naissance n’est pas vraiment sue. Exquemelin était un flibustier français et il laissa de nombreuses traces sur les coutumes des pirates avec des récits. En 1678, il écrivit «  Histoire des aventuriers, des flibustiers et des boucaniers d’Amérique ». C’est une autobiographie.

 

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L’Olonnais était à la tête d’une vingtaine d’hommes et il se trouvait à Cuba lorsqu’il captura un vaisseau espagnol qui aurait du lui livrer la chasse. Exquemelin va apprendre qu’à bord de ce navire, il y a un bourreau qui a été spécialement engagé par le gouverneur pour tuer et faire pendre tous ses hommes.

 

  • « L’Olonnais lorsqu’il entendit ces mots : bourreau et pendre, devint tout furieux, dans ce moment, il fit ouvrir l’écoutille par laquelle il commanda aux Espagnols de monter un à un. Et à mesure qu’ils montaient, l’Olonnais leur coupait la tête avec son sabre. Il fit ce carnage seule et jusqu’au dernier. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques conquêtes difficiles

 

A San Pedro, l’Olonnais rencontre une forte résistance des soldats espagnols mais la ville tombe rapidement aux mains des pirates malgré tout. Mais les habitants ont pu mettre tous leurs biens à l’abri et ont réussi à s’enfuir.

 

Sans butin, le pirate l’Olonnais décide de mettre le feu à toute la ville et repart sur la côte. C’est en faisant miroiter de nouvelles richesses que l’Olonnais va réussir à maintenir la volonté et l’envie de ses hommes malgré une longue période sans aucun succès et qui a couté la vie à une partie de son équipage.

 

Après 3 mois d’attente, l’Olonnais voit arriver un adversaire de taille. C’est un navire de 41 canons et de 130 hommes d’équipage. Mais l’équipage de flibustier à très envie de son butin et ils vont donc attaquer.

 

Les navires espagnols vont les attaquer mais vont être prit sous le feu de l’Olonnais, et le navire se rapprochant, les pirates vont le prendre. Une déception va être de mise lorsqu’ils vont constater que le navire ne contient que du papier et de l’acier. Pas de butin d’or ou des pierres précieuses. C’est à ce moment précis que les pirates n’auront plus aucune cohésion.

 

Une partie de l’équipage va repartir pour l’île de la Tortue avec un nouveau commandant qui a été élu. Ce commandant est Vauquelin. Une autre partie va partir avec Pierre le Picard, celui-ci veut poursuivre sa quête de butin mais seul avec son équipage. Et la dernière partie, environ 300 hommes vont rester avec l’Olonnais dans le golfe du Honduras. Ils vont attendre des navires mais aucun ne viendra. La chance n’est plus avec le capitaine Olonnais.

 

 

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La fin de vie

 

Lorsque le pirate Olonnais va échouer son navire sur un banc de sable, son équipage est affamé et affaiblit.

 

Malgré cela, ils vont tenter de remettre à l’eau le navire et pour cela, ils vont débarquer les canons et le gréement. Mais le navire n’est pas remit à flot.

 

Durant 6 mois, il y aura des attaques incessantes des Indiens contre le navire et l’Olonnais va se défendre du mieux qu’il peut avec l’aide de 150 hommes seulement. C’est avec leur aide qu’il va atteindre l’embouchure du Rio San Juan qui mène au Nicaragua, dans des barques à fond plat.

 

Les Espagnols et les Indiens sont toujours là et ils les repoussent alors l’Olonnais fait voile le longs des côtes du golfe de Darién. C’est une province à l’est du Panama.  C’est alors que l’Olonnais va descendre à terre afin de trouver des vivres et de l’eau. Les Indiens Bravos vont le faire prisonnier. D’après le récit de Exquemelin, on pense que ces Indiens étaient cannibales car il termine son récit en disant : « Ils le hachèrent par quartiers, le firent rôtir et le mangèrent. » ou encore  il dit : « ils le déchirèrent en pièces alors qu’il était vivant, en jetant membre par membre, son corps dans le feu et ses cendres dans l’air. Ils voulaient qu’aucune trace, ni mémoire, ne restent de cette infâme créature inhumaine qu’était l’Olonnais. »

 

Triste fin pour le pirate l’Olonnais.

 

Biographie

 

  • L’histoire des boucaniers d’Amérique de Alexander Exquemelin en 1684
  • L’Olonnais de Jean-François André, en 1812
  • Histoire de la flibuste de Georges blond, en 1969
  • L’île de la Tortue de Frantz Funck-Brentano en 1979

 

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