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Quilaztli, un petit monde d'histoire

Blog Histoire, voyages, animaux, recettes. Je fais mes articles au gré de mes envies....Si certains veulent rajouter des infos n'hésitez pas à commenter, je répondrais. Mais ici, c'est le respect avant toute chose, commentaire insultant ou n'étant pas correct ne sera pas publié! Ici c'est un partage d'idées, d'infos et cela, en toute sympathie. Vous pouvez me retrouver sur ma page FB : Quilaztli un petit monde d'histoire

Histoire, Les Khmers Rouges

Publié le 26 Juin 2012 par Quilaztli in Histoire

 


Les Khmers rouges

 

 khmers-rouges.jpg

Les Khmers rouges sont apparus sous une première forme en 1951 et le mouvement n’est plus existant depuis 1999.

 

Les Khmers rouges sont le surnom d’un mouvement militaire et politique au Cambodge. Ce mouvement est inspiré du maoïste. Le maoïsme est une idéologie qui a été développée par Mao Zedong. 

 

La direction du mouvement a été constituée jusqu’en 1981 par le parti communiste du Kampuchéa. Ce parti politique est apparu en 1951 lors de la guerre d’Indochine. Il est aussi nommé « Parti Révolutionnaire du peuple Khmer » puis « Parti ouvrier du Kampuchéa ».

 

De 1962 à 1997, le dirigeant le plus connu des Khmers rouges est Pol Pot, de son autre nom Saloth Sâr.

 

Les Khmers rouges, durant les années de guerre civiles, ont pris le pouvoir et ont établit un régime politique qui se nomme « Kampuchéa démocratique ».  Ils vont diriger le Cambodge entre 1975 et 1979, et la dictature sera d’une grande violence et chargée de réaliser une société communiste sans classes.

 

Les Khmers rouges ont causé la mort de milliers de Cambodgiens. Un programme d’étude à l’Université de Yale sur le génocide du Cambodge, estime qu’il y a eut environ 1,7 millions de victimes.

 

Le nom Khmer rouge

 

L’appellation de Khmers rouges a été attribuée par Norodom Sihanouk en 1950.  Norodom Sihanouk est un homme d’Etat et roi cambodgien. Il est né en octobre 1922 et depuis le 7 octobre 2004, il est Roi-Père du Cambodge.

 

Il y a eut des dénominations officielles concernant les partis politiques. Ces partis se sont intitulés successivement Parti révolutionnaire du peuple khmer, ensuite Parti ouvrier du Kampuchéa et enfin Parti communiste du Kampuchéa. Pour ce dernier intitulé, cela restera secret jusqu’à l’année 1977.

 

L’organisation révolutionnaire dont le terme est Angkar Padevat ou Angkar est utilisée pour désigner le parti et sa direction mais aussi l’extension du mouvement.

 

En 1981, le parti a été remplacé par le parti nommé Parti du Kampuchéa démocratique.  Un autre parti a existé au début des années 1990, celui du « Parti de l’unité nationale cambodgienne ».

 

Le régime qui fut au pouvoir de 1975 à 1979 était le « Kampuchéa démocratique ». C’est le nom que les Khmers rouges ont revendiqué alors qu’ils étaient en exils.  Un autre organisme fut réalisé afin de gérer les activités du mouvement. Il fut nommé « Front de la grande union nationale démocratique patriotique du Kampuchéa ». Il vit le jour en 1979.

 

Les armées de Khmers rouges ont eu plusieurs noms. Ces noms successifs furent : Armée révolutionnaire du Kampuchéa, de 1968 à 1970 et de 1975 à 1979. Puis Forces armées populaires de libération nationale du Kampuchéa, de 1970 à 1975. Et à la fin, leur nom était : Armée nationale du Kampuchéa démocratique, après 1979.

 

Histoire des Khmers rouges

 

C’est en 1975, le 17 avril, que les Khmers rouges vont prendre Phnom Penh, la capitale cambodgienne. Grâce à leur intervention, ils vont mettre fin à des années de guerre civile. La population va les accueillir avec joie car celle-ci pensait que les violences étaient terminées. Mais les habitants avaient tort de croire que tout s’arrêterait.

 

Les Khmers rouges ont évacué la population en prétextant qu’il y avait des bombardements américains. Les habitants vont alors se diriger vers les campagnes. Ils vont marcher durant des jours et des jours puis ils vont enfin être assignés à un village. Dans celui-ci, ils vont devoir travailler la terre sous la surveillance des Khmers.

 

Les Khmers rouges vont instaurer un régime autoritaire et strict d’une grande violence. Ils vont éliminer tous les opposants au nouveau régime qu’ils ont instauré. Ce régime se nomme l’Angkar (Organisation).

 

Le Kampuchéa démocratique

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Les Khmers rouges n’ont qu’une envie, c’est le changement. Le Kampuchéa démocratique se veut être une société agraire où il n’y a aucunes classes. Tous les individus sont égaux et ils doivent travailler en commun les terres en se libérant des machines. La notion de propriété devra être oubliée et où la grande influence venue de l’Occident va devoir cesser. Le divertissement sera inexistant et la religion n’aura aucune place.

 

Pour cela, les Khmers rouges vont détruire toute les communications avec l’extérieur : la poste, les hôpitaux, l’école et l’eau courante. Sans oublier la monnaie lorsqu’ils ont tenté dans introduire une nouvelle.

 

Les personnes intellectuelles, les militaires qui étaient de l’ancien régime et tous les opposants sont alors supprimés. Les populations sont aussi rééduquées par la propagande et les travaux manuels.

 

Les enfants ne pourront pas échapper aux travaux de la terre. Certains vont être engagés comme soldat dès leur plus jeune âge. Ils vont constituer la milice des Khmers rouges car ces enfants n’ont rien connu d’autre que la guerre et les tortures.

 

D’autres membres vont être éliminés comme  les minorités ethniques qui n’étaient pas, aux yeux des Khmers, des « pur sang ».

 

Toutes les personnes qui vivent à Angkar, portent un uniforme noir et une écharpe nommée « Krama » qui est quadrillée de rouge et blanc.

 

Durant plus de 4 années, la terreur règne en maitre sur les populations. Cette population est affamée, forcée de travailler plus de dix heures par jours dans les terres agricoles, les champs en particulier. Ils doivent aussi récolter des denrées qu’ils ne vont pas consommer.

 

Ils ont une ration quotidienne : un bol de soupe et deux portions de riz. Les Cambodgiens vont s’affaiblirent énormément et beaucoup vont mourir de faim ou encore de paludisme, de dysenterie ou encore d’intoxication. Car la faim les aura poussés à manger des champignons vénéneux.  Certains d’entre eux vont être emmenés par les soldats Khmers et ne reviendront jamais. Et d’autres vont mettre fin à leur jour ne pouvant plus supporter cette façon de vivre.

 

A ce moment-là, Pol Pot est à la tête du parti et sa paranoïa est grandissante. Ce qui va le mener à faire de multiples arrestations. Même les membres du parti de Kampuchéa et leur famille vont être touchés par ces arrestations. Pol Pot va augmenter le nombre des prisonniers dans la prison et le centre de torture. Le directeur est Douch. 

 

Douch est un tortionnaire et le chef de la prison de Phnom Penh. Il est né le 17 novembre 1942 dans la province de Kompong Thom au Cambodge.

 

Dans la prison, des milliers de Cambodgiens vont être emprisonnés et torturés. Ils vont être soupçonnés d’avoir comploté contre l’Angkar ou encore de travailler pour les ennemis. Ceux qui survivaient à ce régime et qui ne mourraient pas, étaient alors emmenés dans des camps d’extermination. L’un des camps se nommait Choeug Ek, il était situé à environ 15 kilomètres de la capitale Phnom Penh.

 

Comme les balles étaient couteuses et uniquement destinées à se défendre contre les ennemis vietnamiens, tous les prisonniers étaient exterminés à coup de machettes ou encore étouffés dans des sacs plastiques. C’était devenu courant de torturer de cette manière mais les moyens devinrent encore plus sanguinaires et barbares.

 

Certains bébés trouvaient la mort car ils étaient frappés contre des troncs d’arbres. Beaucoup d’ossements ont été retrouvés à partir de 1988.

 

C’est dans cette atmosphère lourde et électrique que la population qui travaillait dans les champs, n’arrivait pas à se faire confiance les uns avec les autres. La peur que l’un ou l’autre, justement, ne les dénonce pour diverses raisons.

 

Durant 4 années, leur vie n’a été que survie jusqu’à ce que les Vietnamiens arrivent dans le pays et libèrent enfin la population du joug de ses bourreaux.

 

Les Khmers rouges ont exterminé, durant plus de 4 années de règnes, plus de 2 millions de Cambodgiens soit un quart de la population de l’époque.

 

 

Les premières opérations

 

Les troupes des Khmers rouges  vont être baptisées « Armée révolutionnaire du Kampuchéa » et ils vont lancer le premier soulèvement le 18 janvier 1968. Les premières opérations sont de très petites envergures mais cela leur permet de s’emparer des armes. En février puis en mars, des soulèvements se déroulent dans les provinces du Nord et du Sud-ouest.

 

Plus de 10000 villageois vont rejoindre les rebelles. Mais les révoltés n’ont pas encore beaucoup de moyens. Les chefs militaires des Khmers rouges vont devoir agir indépendamment, ils vont aussi attendre des mois que leurs ravitaillements en armes arrivent et vont alors se contenter de raids-éclairs.

 

Une alliance avec Sihanouk

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C’est le 18 mars 1970 que Norodom Sihanouk se rend en République de Chine en quête d’alliés et qu’il diffuse un message important sur les ondes de la Radio de Pékin. Il veut lutter pour la justice. C’est alors que le ministre du nord du Viêtnam se rend à Pékin pour rencontrer Sihanouk.  Il lui demande s’il est prêt à collaborer avec les Khmers rouges.

 

Le 23 mars, Sihanouk va se décider et il réalise un gouvernement en exil : le gouvernement royal d’union nationale du Cambodge ainsi qu’un mouvement de guérilla : le Front uni national du Kampuchéa. Il appelle les cambodgiens à prendre les armes contre le régime.

 

Sihanouk a le soutien du premier ministre chinois Zhou Enlai et de Saloth Sâr. Ce dernier a caché sa présence et se contentera d’un message de soutien.  Le gouvernement Royal d’Union Nationale du Kampuchéa va compter un nombre important de ministres Khmers rouges.

 

En 1970, les armées seront rebaptisées « Forces armées populaires de libération nationale du Kampuchéa ».

 

En octobre 1970, le Cambodge prendra le nom officiel de République Khmère. Toujours en 1970 et en 1971, les Khmers rouges seront une force d’appoint pour les communistes vietnamiens actifs au Cambodge. Les nouvelles recrues gagnent en importance et font des combats depuis le début de la guerre civile contre les paysans inexpérimentés.

 

En novembre de la même année, Saloth Sâr et Nuon Chea vont accepter de retirer leurs cadres civils des zones libérées et ils laisseront la place aux Khmers rouges.

 

Les troupes des Khmers rouges ont alors environ 45000 hommes et 10000 d’entre eux font partie d’unités de guérilla.

 

La victoire des Khmers rouges

 

Pour soutenir le régime de Lon Nol, il y a eut l’intervention américaine au Cambodge. Cette intervention va faire le renforcement du mouvement des Khmers rouges. Les bombardements massifs vont s’intensifier jusqu’en 1973.

 

Les troupes de Lon Nol vont reprendre Oudong en septembre 1974 mais le régime est alors à l’agonie.  Les Khmers rouges vont refuser toutes négociations car ils sont en position de force face aux Etats-Unis qui tentent du mieux qu’ils peuvent à se sortir du bourbier de la guerre contre le Viêt Nam.

 

Oudong sera reprise le 25 février et les forces des Khmers rouges vont s’avancer sur la capitale Phnom Penh.  Plusieurs villes sur leur passage vont être prises comme la ville de Neak Leung. Le même jour, Lon Nol va prendre la fuite. Les Khmers vont alors faire une course contre la montre pour prendre la capitale avant que les troupes du Nord Viêt Nam ne prennent Saigon. La seule raison de cette course de vitesse est le prestige politique mais aussi pour que les vietnamiens n’investissent pas la capitale avant eux.

 

Le 17 avril, les Khmers rouges arrivent dans Phnom Penh. Saigon tombera 13 jours plus tard. Dans de nombreux endroits les Khmers rouges vont être accueillis avec joies car pour la population cela veut dire qu’il n’y aura plus de combats et que c’est un retour vers la paix.

 

Lon Nol et Long Boret, les dignitaires de la République Khmère seront exécutés sur la pelouse du cercle sportif.

 les-khmers-rouges-entrant-dans-Phnom-penh.jpg

 

Le pouvoir des Khmers rouges

 

Lorsque les Khmers rouges entrent dans la capitale Phnom Penh le 17 avril. Dans ces soldats, il y a des paysans qui n’ont jamais été en ville, des adolescents, des guérilleros qui ont vécu dans la jungle. Les habitants du pays savent que le nouveau pouvoir s’appelle ANGKAR mais la plupart ignore totalement ce qu’il cache.

 

Au moment de la prise de pouvoir des Khmers rouges, il y a 120000 militants et sympathisants dont une partie est des combattants.

 

L’évacuation de la capitale Phnom Penh est mit à exécution dans un climat de pagaille intense. Le prétexte est le futur bombardement des Américains. Les Khmers rouges sont depuis 1973 la cible des bombardements par l’armée américaine qui est alliée avec les Viet-Minh.

 

C’est ainsi que 2 millions d’habitants vont quitter leurs foyers et entament une longue route vers les campagnes dans de très mauvaises conditions. Les malades vont être sortis des hôpitaux car ils doivent accompagnés les autres habitants. Environ 10000 personnes vont périr suite à cette évacuation.

 

Les autres villes seront aussi évacuées dans les semaines qui suivent au fur et à mesure que les Khmers vont avancer.  Le port principal du pays, Kompong Som, va tomber le 18 avril et être évacué.

 

Si les cambodgiens refusent de quitter leurs maisons, ils sont abattus ou carrément tués dans la destruction de leurs biens.

 

L’Angkar

 

Le parti communiste du Kampuchéa est nommé Angkar. Le système va se mettre en place et purger les catégories sociales. C’est à ce moment-là, que plus de mille cambodgiens qui étaient expatriés, vont revenir au pays. Mais ils sont considérés comme suspects et envoyé dans des camps de travail.  La population est divisée en plusieurs groupes. Les anciens du régime de Lon Nol : ils deviennent les « déchus », la population des régions prises en 1975 vont devenir « le peuple nouveau ». Et les citoyens de plein droit se retrouvent dans la catégorie du « peuple de base ».

 

Après la grande victoire, des repas communautaires seront réalisés et instaurés pour les paysans et la vie de famille sera sous une restriction rigoureuse. Cela privera les cambodgiens de toute intimité. Les paysans seront dépossédés de toutes leurs terres, des liens de la famille mais aussi de toute religion.  Seuls les anciens auront le droit de cultiver un morceau de terre.

 

Le nouveau régime tente de rééduquer la population.  Les maris n’ont plus d’autorité sur leurs femmes, les parents n’en auront plus sur leurs enfants. Ces derniers seront élevés en commun. Les cambodgiens n’ont plus de vie privée et plus aucune liberté de conscience. Les moindres manquements dans le travail sont punis de mort.

 

Les massacres

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Les Khmers rouges ont une police secrète qui va faire l’épuration. Le « Santebal » est placé sous la responsabilité de Kang Kek Leu qui n’est autre que le tortionnaire Douch. Officiellement, le pays n’a pas de prisons mais des centres dit de rééducation. Beaucoup d’habitants sont emprisonnés pour des motifs variés qui sont réels ou totalement faux. Les prisonniers sont détenus dans des conditions très mauvaises et soumis à la torture.

 

Les prisonniers qui sont dans ces centres ne survivent que 3 mois. Le plus célèbre des centres de détention se nomme Tuol Sleng. Il est aussi appelé S-21.

 

La famine

 

Lorsque les Khmers rouges étaient bien présents au Cambodge, le pays va connaître des cas de famines qui vont dégénérées et seront très meurtrières. Ces famines sont dues à l’incompétence de l’administration des Khmers rouges. Certaines vont néanmoins être provoquées sciemment et utilisées comme moyen de pression sur la population. Des régions entières vont souffrir de la famine et c’est à ce moment-là que des cas de cannibalismes vont être observés.

 

 

Le camp d’extermination de Choeung Ek

 

De 1975 à) 1979, durant les 4 années de la guerre civile cambodgienne, les Khmers rouges, dont le chef était Pol Pot, ont soumis la population du pays à une dictature d’une grande violence.

 

C’est en 1975, que les forces de sécurité du Chef Pol Pot ont investit le lycée de Tuol Svay Prey afin d’y faire une prison de haute sécurité. Celle-ci sera nommée S-21. C’est là que furent emprisonnée dans des conditions inhumaines plus de 17000 personnes. Elles furent torturées afin de leur extorquer des aveux pis envoyés au camp de Choeung Ek pour y être massacrées.

Que se soit des femmes, des hommes ou des enfants, tous furent déclarés coupables….

 

Choeung Ek était un charnier de prisonniers du Kampuchéa, il était un lieu d’exécution. Mais avant sa transformation en camp d’extermination, Choeung Ek était un cimetière chinois.

Lorsque les Khmers rouges ont pris le pouvoir, ils ont créés un centre sécurisé qui comprenant la prison de Tuol Sleng qui était située dans le centre de la capitale de Phnom Penh et le centre d’exécution de Choeung Ek.

 

C’est Kang Kek Leu alias Douch qui était le directeur du centre de sécurité 21, il gérait les 2 : le camp et la prison.

 

Les prisonniers étaient amenés en camion depuis les prisons et les gardiens les abattaient dès qu’ils étaient dans le camp.

 

Les bourreaux ne devaient pas utiliser de balles alors ils massacraient les prisonniers à coup de pioches, de machettes ou encore de marteaux. Les autres détenus étaient emmenés vers des cabanes en bois qui avaient été construites à partir de bois avec des toits en acier et obscurcies pour empêcher les prisonniers de voir ce qu’il se passait.

 

Il y avait 129 fosses communes dans le camp d’extermination et à l’heure actuelle seulement 80 ont été fouillées.  En 1980, les restes de 8985 personnes furent exhumés des fosses.

 

Près de l’une de ces fosses, les Khmers rouges avait placé un haut-parleur qui diffusait de la musique ou des chansons afin de couvrir les hurlements, les cris des victimes. Tout devait se passer à l’insu de la population proche.

 

Après un massacre, les corps étaient jetés dans les fosses et recouverts de produits chimiques pour les dissoudre.

 

A l’heure actuelle, à travers champs, il y a le grand Stupa. C’est un temple bouddhiste qui a été construit en mémoire des victimes et pour conserver les « restes » de ceux qui ont été tués. Derrière de grandes vitres, des crânes. Certains membres sont appuyés contre les parois intérieures comme les os des jambes ou des bras qui appartenaient aux victimes.

 

Il y a plus de 8000 crânes, classés selon l’âge et le sexe et qui sont, bien sûr, disposés derrière les vitres du Stupa.

 

La prison S-21

 

C’était un ancien lycée qui a été transformé par les Khmers rouges. Elle avait pour nom secret « Prison de sécurité 21 » ou S-21.

 

De nos jours, ce lycée peut être visité. Il contient encore les restes des bâtiments de tortures, de nombreux objets et il est possible d’y visionner un film sur l’histoire de Hout Bophana.

 

Le nom de Tuol Sleng veut dire « colline empoisonnée » ce qui est très révélateur de l’endroit. Auparavant, l’école se nommait Tuol Svay Prey ce qui veut dire « Colline des manguiers sauvages ».

 

C’est là que les Khmers rouges enfermaient tous les opposants au régime et ce, sur n’importe quel motif. Les personnes prisonnières étaient aussi bien des jeunes que des personnes âgées. Il y avait des enfants, des familles entières parfois et des femmes mais aussi des ouvriers, des ministres, des intellectuels, des diplomates cambodgiens et des étrangers. Les étrangers étaient anglais, américains, canadiens, australiens, pakistanais, indiens etc...

 

Le simple fait qu’une personne  porte des lunettes, elle était considérée comme intellectuelle et il fallait donc l’exterminée.

 

La cour était grande, environ 400 mètres sur 600. Les classes qui se situaient au 2e étages servaient de salles de détentions communes dont le nom était chambre D. Dans celle-ci était enfermé 50 personnes. Ils étaient allongés par terre bien serrés et alignés. Les pieds étaient attachés à des barres de fer grâce à des anneaux en fonte. Les familles étaient regroupées.

Dès leur arrivée, tous les détenus étaient photographiés puis rassemblés et enfin numérotés.

 

C’est un gardien qui s’occupe de fouiller les prisonniers lorsqu’ils sont allongés. Il vérifiait si les détenus ne possédaient pas un stylo pour se suicider en se crevant la gorge. Il regardait s’il n’y avait pas de boulon ou une vis que le détenu pouvait avaler et donc se suicider aussi de cette façon.

 

Le réveil à la prison était à 4 heures 30 du matin. Les prisonniers avaient droit à une bouillie de riz vers 8 heures du matin en guise de petit-déjeuner. Ils en recevaient une autre le soir, à 20 heures. Dans la journée, les prisonniers n’avaient pas d’eau.

 

Les salles de classes n’étant pas reliées entre elles, les Khmers rouges ont cassé les murs et en ont fait un couloir central. Sur les côtés, ils ont fait fabriquer de petites cellules en briques avec des portes de bois et des lucarnes carrées. Ces lucarnes permettaient aux gardiens de regarder ce qu’il se passait dans les cellules.

 

La taille des cellules étaient variable et pouvait contenir jusqu’à 3 personnes, même plus quelque fois.

 

Dans le bâtiment B, il y avait d’anciennes classes plus petites qui possédaient des fenêtres à barreaux. Elles servaient de salles de torture individuelles. Les prisonniers, que se soit des femmes ou des hommes étaient attachés sur des sommiers en fer et ils étaient torturés jusqu’à ce qu’ils avouent. Certains prisonniers avouaient des choses qu’ils n’avaient pas commises et tout était retranscrit sur papier.

 

Si l’aveu ne convenait pas, le tortionnaire jetait le papier et le prisonnier était à nouveau torturé. Certains tortionnaires donnaient des idées d’aveux comme par exemple un lien avec le KGB ou la CIA.

 

Les tortionnaires étaient divisés en 3 groupes : les gentils, les chauds et les mordants.  Si le premier groupe n’arrivait pas à obtenir des aveux d’un prisonnier, celui-ci était passé au groupe de tortionnaire suivant.

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Kang Kek Leu

 

Kang Kek Leu alias Douch exerçait en maître sur le complexe de Tuol Sleng. Cet homme était un enseignant avant de devenir tortionnaire.

 

Il sera inculpé en 2007, lors de son procès, pour crimes contre l’humanité. Le tribunal du génocide cambodgien choisira de le condamner à 35 ans de détention, le 26 juillet 2010.  Il fera appel mais la peine sera alors amenée à de la réclusion criminelle à perpétuité, le 2 février 2012.

 

Administration de la prison

 

Lorsque les prisonniers arrivaient, ils étaient photographiés ainsi que lorsqu’ils étaient morts. Une photo était prise alors que leurs gorges avaient été tranchées, que leur corps avaient été mutilés par les tortures. Les photographes devaient prouver que les ennemis de l’Etat étaient bel et bien morts.

 

Les Khmers rouges tenaient aussi des registres pour les entrées et les sorties des prisonniers de la prison. Qu’ils soient morts ou voués à la mort.

 

Ces registres ont permis de révéler qu’il y a eut 10500 prisonniers qui seraient restés en moyenne 3 mois, qu’il y a eut des enfants tués. (Environ 2000)

 

C’est Douch, lui-même, qui disait les jours précis pour tuer certains détenus. Par exemple, il y avait un jour pour les femmes des ennemis, un autre pour les travailleurs des usines et un autre pour les enfants.

 

Les gardiens avaient entre 10 et 15 ans et sous l’endoctrinement des adultes, ils devenaient bien plus cruels que ceux-ci.  Les règles de l’Angkar étaient strictes et stipulaient qu’il ne devait pas y avoir de relations amoureuses. Cependant les Khmers rouges n’hésitaient pas à violer les filles ou les femmes du camp. Tout cela en cachette et si possible, le plus discrètement.

 

Sur tous les prisonniers de Tuol Sleng, personne n’a réussi à s’échapper. A la libération du camp d’extermination, il y avait uniquement 7 survivants.

 

Les hostilités avec les Vietnamiens

 

 En mai 1975, les premiers heurts frontaliers avec les Vietnamiens se produisent. Les Khmers rouges ont des vues sur la Cochinchine. C’est la partie méridionale du sud du Vietnam et qui se situe à l’est du Cambodge. Les Khmers considèrent Cochinchine comme leur berceau historique de leur peuple.  Alors les Khmers tentent des intrusions dans le pays et ils tuent plusieurs centaines de civils.

 

Le Kampuchéa démocratique refuse de signer un accord d’amitié et de coopération. En 1977, le parti communiste vietnamien décide d’intervenir avec des militaires contre les Khmers rouges. Ils font une brève incursion au Cambodge et lors de leur retrait, 300000 cambodgiens en profitent pour quitter le pays.

 

Les Khmers n’apprécient pas et dénonce la razzia de ses habitants. Mais les vietnamiens disent que se sont des réfugiés volontaires.

 

En 1978,  200000 personnes trouveront la mort dans des massacres car les hostilités sont immenses entre le Vietnam et le Cambodge. Les exécutions sont nombreuses et systématiques.

 

La chute

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Les vietnamiens vont se préparer très méthodiquement au combat. Ils vont importer des armes depuis l’URSS. Les radios des vietnamiens révèlent au monde entier toutes les atrocités qu’on fait les Khmers rouges.  Ils appellent ensuite le soulèvement des Cambodgiens.

 

Le 25 décembre 1978, l’Armée Vietnamienne pénètre au Cambodge. Pol Pot ne s’inquiète pas trop et continue ses activités de routine.

 

Pol Pot va libérer momentanément Norodom Sihanouk de sa résidence surveillée et lui donnera un discours délirant qui selon lui, il se serait déclaré convaincu par la victoire sur l’armée vietnamienne car le peuple cambodgien le soutiendrait. Il prônera aussi le retour de la guérilla qui entrainera dans un bourbier les vietnamiens. Sihanouk sera évacué avec son épouse vers Pékin.

 

En janvier 1979, les blindés vietnamiens pénètrent dans la capitale Phnom Penh qui a été désertée par ceux qui l’a défendaient. Quatre jours plus tard, le régime pro-vietnamien de la République de Kampuchéa est proclamé avec comme président Heng Samrin et comme ministre des affaires étrangères le jeune Hun Sen.

 

L’armée vietnamienne est accueillie avec un grand soulagement. Les Khmers rouges se replient le long de la frontière de la Thaïlande. Les hommes de Pol Pot y trouveront refuge.

 

La fin de Pol Pot

 

Lors de l’assassinat de Son Sen, Ta Mok craint pour sa vie et sa sécurité, il va prendre les devants et donc, rassembler des troupes pour réaliser un coup de force contre Pol Pot. Ce dernier va prendre la fuite avec ses hommes mais il sera transporté dans un hamac car son état de santé n’est pas très bon et ne lui permet pas de marcher.

 

Pol Pot sera capturé le 18 juin.

 

Le 28 juin, Khieu Samphân va annoncer la fin du gouvernement des Khmers rouges. La signature définitive se fera entre Norodom Ranariddh et Khieu Samphân le 6 juillet mais entretemps, la veille du jour dit, Hun Sen va réaliser un coup de force contre Ranariddh et ce dernier sera évincé du pouvoir.

 

En Juillet 1997, Pol Pot sera condamné à vie. Etant donné qu’il est gravement malade, il fera sa détention « assigné à résidence ». Trois de ses commandants seront exécutés mais Ta Mok est désormais le chef officiel des Khmers rouges et il demeure à la tête de plusieurs centaines d’hommes qui tentent de survivre.

 

 

Personnalité de l’article

 

  • Pol Pot, alias « Frère numéro 1 » mais de son vrai nom Saloth Sâr. Il était chef du mouvement du Kampuchéa démocratique ainsi que secrétaire du Parti communiste du Kampuchéa
  • Ta Mok, de son vrai nom Chhit Chhouen, était chef militaire, « Frère numéro 7 ». Il était surnommé « le boucher ». Il mourra en prison.
  • Khieu Samphân : il est le chef de l’Etat du Kampuchéa démocratique, il est surnommé « la bouche de Pol Pot » et il est chargé des relations internationales, après 1979, des Khmers rouges.
  •  Douch, de son vrai nom Kang Kek Leu. Il était le chef de la prison S-21. Un véritable tortionnaire qui sera condamné à la prison à perpétuité le 3 février 2012.
  • Son Sen était ministre de la défense, il fut exécuté avec sa famille sur ordre de Pol Pot en 1997

 

Génocide

 

Les crimes qui ont été commis par les Khmers rouges sont souvent qualifiés de génocide. Par contre, les massacres commis au Cambodge ne sont pas reconnus. Ils ne font pas partie des 4 types de génocides reconnus par l’ONU.

 

Il est difficile d’employer le terme de génocide alors que la plupart des victimes étaient tout de même des Khmers.

 

Le Bilan

 

Le nombre total des victimes est difficile et ne peut être calculé que par déductions ou des estimations. On estime les victimes du Kampuchéa démocratique entre 10 et 40 pourcent de la population Cambodgienne. Cela varie dont entre 250 000 et 3 100 000 morts, entre le mois d’avril 1975 et janvier 1979.

 

Les horreurs réalisées par les Khmers rouges vont prendre fin en 1979, en début d’année. Ils vont être chassés par l’invasion vietnamienne du Cambodge.

 

Malgré le renversement, les Khmers rouges continueront d’exister et ils vont mener une guérilla contre le gouvernement Pro-vietnamien. Ils vont semer la terreur et s’en prendront aux vietnamiens de souche.

 

Les Khmers rouges ne reconnaitront aucun massacre.

 

 

Liens importants

 

Photos de la prison S-21 de Charles Carrard et de Bruno Fontana

 

http://www.charlescarrard.com/gallery/S21/

http://www.fontana.book.fr/galeries/s21/

 

Photos prises à Tuol Sleng et Choeung Ek

http://amistanguy.free.fr/photos_tuols_sleng.php

 

Photos Agron Dragaj

Photos Agron Dragaj

 

 

Filmographie

 

S-21, la machine de mort Khmère rouge de Rithy Panh (film sorti en France en 2004)

Autobiographie de Hout Bophana de Rithy Panh (le film est diffusé à Tuol Sleng)

Douch, le maître des forges de l’enfer de Rithy Panh (film sorti en France en janvier 2012)

La déchirure de Roland Joffé en 1984

Khmers rouges : un procès conte l’oubli d’Alexander Dereims en 2005 (Documentaire de 52 minutes)

Khmers islam de Bruno Deniel-Laurent et Guillaume Orignac en 2008

Les rubis des Khmers rouges d’Olivier Weber en 2011

Cambodge : face au génocide de David Aronowitsch et Staffan Lindberg en 2010

Khmers rouges : une simple question de justice de Jean Reynaud et Rémi Lainé en 2011.

 

Bibliographie

 

Cambodge 1945-2005 : soixante années d’hypocrisie des grands de Gilbert Bereziat en 2009

Pol Pot, frère numéro un de David Chandler en 1993

S-21 ou le crime impuni des Khmers rouges de David Chandler en 2002

Pol Pot : le bourreau du Cambodge de Paul Dreyfus en 2000

De la dictature des Khmers rouges à l’occupation Vietnamienne, Cambodge 1975-1979 de Ken Khun en 1994

Le génocide du Cambodge, 1975-1979 : race, idéologie et pouvoir de Ben Kiernan en 1998

Les nouveaux Khmers rouges : enquête, 1979-1990 de Christophe Peschoux

Pol Pot : anatomie d’un cauchemar de Philip Short en 2007

Le génocide Khmer rouge : une analyse démographique de Marek Sliwinski en 2000

 

Des témoignages

 

La digue des veuves : rescapée de l’enfer des Khmers rouges de Denise Affonço en 2005

Quatre ans avec les Khmers rouges de Hour Chea en 2007

Quatre ans dans les camps Khmers rouges de Claire Ly en 2002

Prisonniers des Khmers rouges de Norodom Sihanouk en 1986

 

 

L’hymne National des Khmers rouges en vidéo

 

http://www.cambodgien.org/Cambodia%20THE%20KHMER%20ROUGE%20NATIONAL%20ANTHEM%20KH-fr.html

 

Sur le site de nombreuses vidéos intéressantes sur le régime des Khmers rouges.

 

 

Archives sur le cambodge :

 

http://www.ina.fr/recherche/recherche/search/cambodge

 

http://www.ina.fr/recherche/recherche/search/LONG+BORET

 

Documentaire sur Pol pot

 

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/autres-conflits/video/VDD06000061/la-guerre-de-l-armee-de-pol-pot.fr.html

 

http://www.ina.fr/video/VDD06000443/guerre-contre-l-armee-de-lon-nol.fr.html

 

Lieux de visite

 

Choeung Ek (the killing fields)

http://www.phnompenh.gov.kh/fr/phnom-penh-choeung-ek-139.html