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Quilaztli, un petit monde d'histoire

Blog Histoire, voyages, animaux, recettes. Je fais mes articles au gré de mes envies....Si certains veulent rajouter des infos n'hésitez pas à commenter, je répondrais. Mais ici, c'est le respect avant toute chose, commentaire insultant ou n'étant pas correct ne sera pas publié! Ici c'est un partage d'idées, d'infos et cela, en toute sympathie. Vous pouvez me retrouver sur ma page FB : Quilaztli un petit monde d'histoire

Camps d'extermination SOBIBOR

Publié le 18 Novembre 2012 par Quilaztli in Histoire

Camps de concentration de Sobibor

(Pologne)

 

 

 

sobibor--1-.JPG

Le camp d'extermination de Sobibor est un camp nazi. Il est situé au sud-est de l'actuelle Pologne. Il est dans le district de Wlodowa, à l'orée d'une forêt de pins et à une douzaine de kilomètres du village de Sobibor.

 

Le camp a été en activité de mai 1942 à 1042. Dans ce camp furent assassinés environ 250 000 Juifs par les autorités allemandes. Ce camp est entré en fonction dans le cadre d'une opération nommée : Opération Reinhard.

 

L'opération Reinhard : (Aktion Reinhardt)

C'est le nom de code qui fut donné  pour désigner l'extermination des Juifs, des Roms, des Sintis et des Yéniches par le gouvernement général en Pologne durant la période du 3è Reich.

 

 

 

 

La création du camp de concentration

 

 

richard-thomalla.jpg

Sa construction débuta au mois de mars 1942 sous la direction du directeur de l'administration Richard Thomalla. En avril de la même année, c'est le Brigadier Odilo Blobocnik qui fut choisi pour superviser l'opération Reinhard. Il nomme alors comme commandant du camp : Franz Stangl.

 

 

 

 

Franz Stangl est au départ envoyé au camp d'extermination de Belzec afin de pouvoir prendre connaissance, au mieux, du processus d'extermination mise en place par le commandant du camp Christian Wirth. Stangl pourra alors les appliquer à la lettre au camp de Sobibor.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le camp de Sobibor

 

 

800px-Plan_de_sobibor.png

Le camp est entouré de barbelés et de champs de mines afin que les prisonniers ne puissent s'échapper.

 

Le camp est divisé en 3 parties.

 

*** Le camp 1 :

 

Ce camp abrite l'administration SS

 

 

*** Le camp 2 :

 

C'est à cet endroit que les déportés arrivent car ce camp contient ces fameux baraquements où toutes les victimes vont devoir se déshabiller et déposer tous les objets de valeurs qu'elles possèdent.

 

*** Le camp 3 :

 

C'est là où se déroule l'extermination de toutes ces victimes.

 

Le camp 1 et le camp 2 se situent juste à côté de la gare et le camp 3 est forcément un peu plus éloigné voir totalement isolé du reste du camp.

Il y a une différence tout de même, par rapport au camp de Belzec : les SS logent tous dans l'enceinte du camp de Sobibor.

 

Le camp 3 est accessible à partir du camp 2 grâce à un chemin qui est large d'environ 3 mètres et long de 150 mètres. Celui-ci est clôturé par des barbelés avec des branches d'arbres entrelacées.

 

Ce "boyau" mène directement les prisonniers vers la mort : les chambres à gaz. A mi-chemin de ce parcours, se trouve la boutique du "coiffeur". C'est à cet endroit que les détenus coupent les cheveux des femmes.

 

Le camp 3 contient donc les chambres à gaz, les fosses communes, un baraquement pour les membres du Sonderkommando ( c'est une unité de travail dans le camp d'extermination. L'unité est composée de prisonniers, des Juifs en particuliers. Ils sont forcés à participer à l'extermination)

 

Les fosses communes sont longues de 50 à 60 mètres et larges d'environ 10 à 15 mètres. Elles sont profondes de 6 mètres. Elles sont aussi directement reliées à la gare du camp par une voie ferrée assez étroite. Durant le voyage, certains déportés sont morts et cette voie permet d'amener les corps directement à la fosse.

 

Les premières chambres à gaz sont situées dans un bâtiment qui est divisé en 3 salles complètement identiques de 4 mètres sur 4. Celles-ci peuvent contenir jusqu'à 200 personnes.

Comme dans d'autres camps, ces salles sont camouflées en douches afin que les déportés ne se doutent pas du sort que les SS leur réserve.

 

Ces douches sont donc fictives.  Les salles contiennent 6 portes : 3 d'entrées et 3 pour sortir les cadavres. Ces portes sont dotées d'une garniture de caoutchouc et ne peuvent s'ouvrir que de l'extérieur.

 

Accolé au bâtiment des douches se trouve un autre petit bâtiment. C'est là qu'est installé un moteur de char russe T34 qui est destiné à produire le gaz asphyxiants. Ce gaz passera à travers une conduite spéciale qui traversera les salles de part en part.

 

 

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Les premiers essais de mise à mort sur le camp

 

Le camp fut achevé en 1942 et c'est à ce moment précis que l'on procéda aux toutes premières expériences de mise à mort. Les premiers essais furent au gaz.

 

 

 

 

 

 

 

Le personnel de Sobibor

 

*** Le premier commandant du camp : Richard Thomalla en mars 1942

*** Le second commandant : Franz Stangl en avril 1942 nommé afin qu'il active les travaux de construction du bâtiment de mise à mort.

*** Les suppléants de Stangl : Hermann Michel puis Gustav Wagner.

 

Franz Reichleitner vint remplacer Stangl en août 1942.

 

Le camp 1 sera dirigé par l'Oberschafürher Weis puis lui succèdera Karl Frenzel.

Le camp 2 est dirigé par Kurt Bolender (d'avril à août 1942) puis par Erich Bauer.

L'administration du camp est sous la coupe de Alfred Ittner.

 

Le personnel du camp :

 

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Une trentaine de SS

Une centaine de gardes Ukrainiens sous l'autorité d'Erich Lachmann.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sobibor : Histoire en résumé

 

 

 

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En avril 1942, Franz Stangl, un officier SS ayant pris part à l'opération d'euthanasie T4, devint commandant du camp. Stangl avait sous ses ordres 20-30 soldats SS, la plupart ayant déjà pris part à l'opération T4. L'équipe de SS était complétée par une compagnie de gardes ukrainiens. De 200 à 300 juifs travaillaient en équipe aux chambres à gaz ainsi qu'aux fosses de crémation.

 

Ils devaient nettoyer les chambres à gaz, arracher les dents en or des cadavres et acheminer ceux-ci vers les fosses.

 

Environ 1.000 juifs travaillaient au nettoyage des wagons et des quai, rassemblant les valises et les vêtements des victimes.

 

De mai à juillet 1942, 100 000 Juifs furent gazés à Sobibor. La plupart venaient de l'Autriche, la Pologne, l'Allemagne, de la Tchécoslovaquie.

 

Ils arrivaient à Sobibor par les trains puis ils étaient débarqués sur les quais du premier camp, le camp 1.

 

Tous les bâtiments que voyaient les déportés à leur arrivée étaient là pour les rassurer. Ensuite les déportés sont séparés selon leur âge, leur sexe. Les hommes vont d'un côté et les femmes avec leurs enfants de l'autre.

 

Ils devaient ensuite remettre leurs valises et se déshabiller et une fois cela réalisé, ils étaient dirigés vers les chambres à gaz.

 

 

800px-Wikipedia-sobibor-31.jpg

Les hommes étaient toujours gazés en premier. Le processus du gazage durait environs 30 minutes. L'extermination totale d'un convoi prenait environ 2 à 3 heures.

 

Entre le mois d'août et le mois de septembre, les gazages vont cesser car le camp doit réparer les voies de chemin de fer qui mènent à Sobibor. C'est à cette période que le nombre de chambre à gaz augmente. De 3 à 6.

 

Avec ces nouvelles installations, les SS vont pouvoir exterminer beaucoup plus de déportés. Ils vont pouvoir gazer 1200 personnes en même temps. Les corps étant toujours brûlés  dans les fosses.

 

C'est Franz Reichsleiter qui est commandant du camp à ce moment précis. Les opérations de gazage vont alors reprendre au mois d'octobre 1942 jusqu'au printemps 1943.

C'est au cours de cette période que seront gazés  près de 80 000 Juifs, 150 000 Juifs du gouvernement général, 25 000 Juifs slovaques.

 

En mars 1943, un premier convoi de Juifs français arriva à Sobibor. Et entre mars et juillet 1943, 35 000 Juifs hollandais arrivèrent avec 19 convois.

 

Durant les derniers mois de l'activité du camp de Sobibor, le camp servit aussi pour exterminé le peuple des ghettos de Minsk, Lida et Vilna. A Sobibor, on estime que les victimes Juives s'élèvent à 250 000.

 

En juillet 1943, Himmler ordonna de transformer le camp de Sobibor en camp de concentration, suite à sa visite en février.

 

L'ordre d'Himmler signifiait l'arrêt de mort des équipes de prisonniers juifs qui travaillaient au niveau des quais et des chambres à gaz. Etant donné qu'ils étaient des témoins gênants, qui avaient assistés aux massacres de milliers d'innocents, les SS ne permettraient à aucun d'entre eux de rester vivants.

 

C'est alors que les prisonniers Juifs décidèrent de réaliser un mouvement de résistance sous les ordres de Léon Feldhendler.

 

Léon Feldhendler sera aidé par Alexander Pechersky (un juif d'origine russe).

 

La révolte se fit le 14 octobre 1943. Au cours du combat, 11 SS et un certain nombre de gardes ukrainiens furent tués.

 

300 Juifs qui étaient prisonniers vont alors s'évader mais malheureusement, certains perdirent la vie lors du passage dans les champs de mines qui entouraient le camp. D'autres prisonniers furent repris dans les jours qui suivirent la révolte.

 

Seulement 50 prisonniers survécurent à la guerre. Le camp fut fermé en octobre 1943 et il fut ensuite camouflé en ferme.

 

 Leon-Feldhendler.jpgLes convois

 

Les convois arrivaient généralement de nuit. Les déportés descendaient et on les gardait jusqu'au petit matin dans le camp 2. C'est à cet instant que les victimes se déshabillaient et qu'on les conduisait vers les chambres à gaz.

 

Dès l'instant où les déportés arrivaient dans le camp, les SS et les Ukrainiens étaient d'une violence insensée, ce qui faisait partie du processus. A l'aide de chiens qu'ils avaient dressés à mordre les victimes une fois nues, les SS lâchaient leur haine.

 

Sans compter les coups de bâton, de fouet ou encore des tirs de révolver afin de terroriser les déportés et les faire courir plus rapidement vers les chambres à gaz.

 

Himmler

 

Lorsque l'ordre d'Himmler tomba le 19 juillet 1942, les SS devaient exterminer plus rapidement les déportés car Himmler voulait anéantir les ghettos juifs avant la fin de l'année 1942. C'est à ce moment là que l'on décida à Sobibor de construire de nouvelles chambres à gaz.

 

Dissimulation

 

Comme de nombreux cadavres gisaient dans les fosses, dès l'été 1942, Himmler donna l'ordre de faire disparaitre toutes les traces de ces crimes. Il fut donc décider par le commandant du camp, de brûler les corps en totalité.

 

Mais plusieurs essais ont été réalisés pour faire disparaitre les victimes mais ce fut un échec. Les bombes incendiaires n'eurent pas l'effet escompté. Alors on adopta un nouveau procédé : brûler les cadavres en plein air et au bois.

 

La révolte

 

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Suite à la visite d'Himmler, le camp fut transformer en camp de concentration. Les juifs qui travaillaient aux quais et dans les chambres à gaz savaient qu'ils allaient mourir.

 

Pour eux, ils étaient gênant en tant que témoins. Ils apprirent le soulèvement des déportés de Treblinka et ils mirent en place leur propre révolte.

 

Leur chef Léon Feldhendler et Alexander Petcherski organisèrent la révolte. Celle-ci éclata le 14 octobre 1943.

 

Plus de 300 déportés réussirent à franchir les portes du camp mais des dizaines d'entre eux trouvèrent la mort dans le champ de mine. Les SS mécontents, assassinèrent presque tous les prisonniers qui étaient restés au camp, n'ayant pas pu s'enfuir et même ceux qui n'avaient pas participé à la résistance. Ce qui faisait envions une centaine de personnes. D'autres déportés furent conduits dans d'autres camps.

 

Le bilan de Sobibor

 

Les victimes de ce camp d'extermination sont essentiellement des Juifs. Beaucoup provenaient de Lublin et de Galicie de l'est, de Bohême-Moravie, de Slovaquie, d'Allemagne et d'Autriche, de Lituanie, des Pays-Bas mais aussi de France.

 

Les convois N° 52 et 53, du 23 et 25 mars 1943 ont acheminés des juifs français. Seuls 5 d'entre eux ont survécus.

 

Après la fermeture du camp suite à la révolte, les SS dissimulèrent le camp en plantant des arbres et en construisant une ferme.

 

 

Film

 

 

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Sobibor a inspiré le film : "Les rescapés de Sobibor" (l'authenticité de ce film n'est pas effective)

 

Autre

 

Yehuda Lerner, un survivant, à témoigner dans un documentaire nommé : "Sobibor, 14 octobre1943, 16 heures" par Claude Lanzmann, réalisateur de "Shoah". Documentaire réalisé en 2001.