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Quilaztli, un petit monde d'histoire

Blog Histoire, voyages, animaux, recettes. Je fais mes articles au gré de mes envies....Si certains veulent rajouter des infos n'hésitez pas à commenter, je répondrais. Mais ici, c'est le respect avant toute chose, commentaire insultant ou n'étant pas correct ne sera pas publié! Ici c'est un partage d'idées, d'infos et cela, en toute sympathie. Vous pouvez me retrouver sur ma page FB : Quilaztli un petit monde d'histoire

Camp de concentration de Ravensbrück, Allemagne, camp de femmes

Publié le 24 Janvier 2014 par Quilaztli in Histoire

Le camp de concentration de Ravensbrück, Allemagne

 

 

 

 

 

 

OKA

 

Le Camp de concentration de Ravensbrück se situe en Allemagne à 80 kilomètres de la ville de Berlin.

 

Le régime nazi établira dans le village de Ravensbrück, ce camp de concentration qui était uniquement pour les femmes mais dans lequel vécurent aussi des enfants.

C'était de 1934 à 1945.

 

Le camp de concentration fut construit en face de la ville de Fürstenberg/Havel, au bord du lac de Schwedtsee et dans une zone de dunes et de marécages.

 

Le camp succède en 1939 au camp de Lichtenburg.

Le camp de Ravensbrück va vite devenir le centre de détention de femmes le plus important du pays.

 

D'après les archives, au moins 132 000 femmes et enfants vont y être déportés et 90 000 vont y être exterminés.

Le camp va fournir en main d'oeuvre dans les industries d'armement allemande ainsi que dans les mines de sel. Soit sur place, soit dans l'une des 70 antennes disséminées de la Bavière à la mer Baltique.

 

La plupart des détenues proviennent des pays d'Europe qui sont à ce moment-là occupés par l'Allemagne. Le plus grand groupe provenait tout de même de Pologne.

 

A partir du mois d'avril 1941, il y aura un camp annexe et on y enfermera les hommes.

 

 

plan-camp.jpg

 

Les prisonnières de Ravensbrück

 

Les premières détenues arrivent du camp de Lichtenburg qui se situe en Saxe, elles sont environ 900.

A la fin de 1942, la population dans le camp est de 10 000 et va atteindre 45 000 en janvier 1945.

 

Parmi les détenues, il y a des enfants qui sont arrivés avec leurs mères ou qui sont nés sur place. La plupart sont des femmes juives ou Roms.

 

Dès les mois d'avril jusqu'à octobre 1944, le nombre de prisonnière va augmenter.

Il va y avoir une première vague de Tziganes qui sont amenés, eux aussi, avec leurs mères après la fermeture du camp Roms qui se situait à Auschwitz. Puis ce fut les enfants polonais qui arrivaient du ghetto de Varsovie suite à l'échec de l'insurrection.

Et enfin les enfants du ghetto de Budapest, suite à la fermeture de celui-ci.

La plupart des enfants et des mères vont mourir de dénutrition.

 

 

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Comme dans tous les camps de concentration, les détenus portent un triangle coloré selon leur catégorie. Une lettre au centre va indiquer leur nationalité :

 

- rouge pour les prisonnières politiques,

- vert pour les criminelles de droit commun,

- jaune pour les juives,

- violet pour les Témoins de Jéhovah,

- noir pour les prostituées et les Tziganes.

 

Certaines femmes ont le crâne rasé dès leur arrivée.

 

Entre 1942 et 1943, toutes les détenues juives seront envoyées au camp de concentration d'Auschwitz pour être exterminées dans le cadre de la "Solution finale".

 

Les prisonnières du camp de Ravensbrüch font l'objet d'abus permanents. Elles sont battues, astreintes au travail et lorsqu'elles ne sont plus capable de fournir le travail, elles sont alors assassinées.

Pour un acte de rébellion ou sans aucun raison particulière, elles sont aussi réprimée.

 

 

2007-3_ravensbruck-atelier-natte-paille.jpg

Atelier de nattes de pailles

 

 

 

Jusqu'en 1942, les détenues qui sont trop âgées et ne peuvent plus travaillées sont tuées par balles.

D'autres sont transférées au camp d'Auschwitz ainsi que vers d'autres camps d'extermination. Plusieurs sont même exécutées par une injection létale à l'infirmerie du camp de Ravensbrück.

 

Lors de l'été 1942, les expériences médicales vont commencer. Elles seront réalisées sur environ 86 détenues, parmi elles, 74 polonaises.

 

Les expériences portent sur :

 

- l'efficacité des sulfamides dans le traitement des blessés de guerre,

- la régénération des os, nerfs et muscles,

- la possibilité de transplanter les os.

 

Cinq détenus vont mourir, six vont être exécutées car elles souffraient de blessures non guéries. Toutes les autres détenues vont survivre mais avec des séquelles importantes et surtout à vie.

 

En 1946, lors du procès des Médecins, quatre de ces détenues vont témoigner.

 

experience.jpg

 

 

 

Le Procès des Médecins :

 

Ce fut le premier des procès sur les 12 procès pour crimes de guerre fait par les autorités américaines dans leur zone d'occupation en Allemagne, à Nuremberg et après la fin de la seconde guerre mondiale.

20 des 23 accusés étaient des médecins et 3 autres étaient des fonctionnaires nazis. Leur ligne de défense était de plaider non coupable et qu'ils avaient agis au nom de la médecine de guerre. Ils ont tous été accusés de plusieurs chefs d'accusation : l'expérimentation médicale nazie et le Programme Aktion T4.

 

 

au-proces-une-victime-qui-montre-sur-elle-les-experiences.JPGAu procès des médecins, une détenue montre les séquelles des expériences

 

 

 

En 1945, au mois de janvier, ce sont entre 120 et 140 Tziganes qui vont être stérilisées. Elles ont eu la promesse que si elles acceptaient, qu'elles seraient libérées après l'opération.

Mais ce ne fut pas le cas du tout.

 

Les corps des prisonnières décédées furent brûlées au crématorium qui se situait à Fürstenberg et ce , jusqu'en 1943.

A cette date, les autorités SS vont construire un four crématoire non loin du camp de Ravensbrück. Et ensuite à l'automne 1944, c'est une chambre à gaz qui va s'ajouter au four.

C'est là que plusieurs milliers de détenues vont y être exécutées malheureusement juste avant la libération du camp en 1945 au mois d'avril.

 

 

campff.jpg

 

Les derniers assassinats de femmes eurent lieu le 25 avril, 11 femmes exactement qui étaient employées au crématorium furent tués par empoisonnement.

 

Lorsque l'Armée Rouge va arriver le 30 avril  1945, il ne reste plus que 3 500 femmes et 300 hommes qui n'avaient pas été évacués.

 

Les SS les avaient laissé dans le camp car ils n'avaient emmené avec eux que les prisonniers qui pouvaient marcher c'est-à-dire, environ 20 000. Ce fut pour eux une marche forcée vers Mecklembourg, vers le nord.  Auparavant, ils avaient confiés certains détenus aux délégués de la Croix Rouge suédoise et danoise. 7000 en tout.  La marche des 20 000 détenues fut interceptée après quelques heures par une unités d'éclaireurs russes.

 

 

inspection-de-Himmler-au-camp.jpg

Inspection d'Himmler au camp

 

 

 

 

Les commandants du camp de Ravensbrück :

 

- Fritz Suhren, qui était un officier SS de la Schutzstaffel, il fut commandant du mois d'août 1942 au mois d'avril 1945.

Il avait pour politique d'exterminer les femmes par le travail et les mauvais traitements et si possible il les affamait.

 

Il va mettre aussi à disposition des femmes pour le médecin d'Himmler : Dr Karl Gebhardt afin qu'il puisse faire des expériences médicales, des stérilisations sur les femmes Tziganes.

 

Fritz Suhren arriva à s'échapper des mains des Américains et il fut capturé après une très longue fuite, en 1949. Il fut jugé par un tribunal militaire français et ensuite fusillé le 12 juin 1950 non loin de Baden-Baden.

 

Suhren.jpgSuhren

 

 

 

 

- Max Koegel qui était un officier SS Hauptsturmführer, il fut commandant du camp dès son ouverture le 18 mai 1939 avec le transfert de 867 femmes du camp de Lichtenburg et il arrêta en août 1942.

Il va ensuite diriger le terrible camp d'extermination de Majdanek non loin de Lublin puis le camp de concentration de Flossenbürg.

Après sa capture en juin 1946, en Bavière, il mettra fin à ses jours en prison.

 

 max_koegel.jpg

 Koegel

 

 

 

 

Les gardiennes du camp de Ravensbrück  :

 

 

Environ 150 femmes SS sont assignées à la surveillance des prisonnières dans le camp, à côté du personnel masculin.

 

Plus de 4 000 surveillantes vont être formées pendant les 6 années qu'à fonctionné le camp de Ravensbrück.

 

 

Les enfants et les naissances dans le camp :

 

 

En 1944, les naissances deviennent incontrôlables dans le camp de Ravensbrück. Auparavant, la plupart des mères mouraient avant de pouvoir accoucher ou leurs bébés étaient tués.

C'est ainsi que le bloc 11 fut construit et nommé "La Kinderzimmer", c'est-à -dire la "Chambre des enfants".  C'est là, dans ce bâtiment, que l'on s'occupait des nouveaux nés lors de la débâcle allemande en 1944.

 

Le bloc 11 était une pièce qui possédait 2 lits de 2 étages superposés. Plus de 40 bébés y sont couchés en travers des châlits.

Il n'y a pas d'hygiène, pas de biberon, pas de tétine, pas de couche mais la solidarité du camp va apporter un peu de linge ainsi que du lait et des bouteilles mais cela n'évitera en rien la disparition de presque tous les enfants.

 

Sur les 500 naissances qui furent comptée au camp de Ravensbrück, il n'y a qu'une quarantaine d'enfants qui survécurent.

 

 

1949schild.jpg

 

 

 

Le Mémorial

 

C'est en 1959 que le mémorial national de Ravensbrück fut réalisé.

Un musée sera aussi fait dans les mêmes cellules d'internement spécialement aménagée.

Le musée évoque avec réalisme toute la vie dans le camp ainsi que le fonctionnement de celui-ci.

Non loin, on peut voir les fours crématoires ainsi que le couloir des exécutions.

Sur la berge du lac, il y a un monument commémoratif.

 

 

 

 vue-exterieur-du-camp-de-nos-jours.jpg

 

 Vue extérieur du camp

 

ravens.jpgMémorial

 

memorial-copie-1.jpg

 

Ravensbruck_m.jpg

 

 

 

 

Autres images :

 

block-d-internement.jpgBlock d'internement

 

femmes-au-travail.jpgFemmes au travail

 

ravensbruck4.jpg

 

prisonnieres-qui-retournent-o-camp-apres-avoir-travaille.jpgPrisonnières qui retournent au camp après avoir travaillé dur

 

Ravensbruck_1945.jpg

 

Ravensbruk-1.jpg

 

Ravensbrucke-entree.jpgEntrée du camp 

 

Ravensbruck-crema.jpgles fours crématoires