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Quilaztli, un petit monde d'histoire

Blog Histoire, voyages, animaux, recettes. Je fais mes articles au gré de mes envies....Si certains veulent rajouter des infos n'hésitez pas à commenter, je répondrais. Mais ici, c'est le respect avant toute chose, commentaire insultant ou n'étant pas correct ne sera pas publié! Ici c'est un partage d'idées, d'infos et cela, en toute sympathie. Vous pouvez me retrouver sur ma page FB : Quilaztli un petit monde d'histoire

L'histoire des Esclaves de Tromelin, Jean de la Fargue, Madagascar

Publié le 2 Juin 2015 par Quilaztli dans Madagascar

L'histoire des Esclaves de Tromelin, Jean de la Fargue, Madagascar

L'histoire des Esclaves de Tromelin, Madagascar

C'est le 31 juillet 1761 qu'un navire de la Compagnie des Indes nommé "l'Utile" va partir de Madagascar et s'échouer sur une île de Sable qui s'appellera ensuite Tromelin.

C'est un navire "négrier" qui était parti de Bayonne le 17 novembre 1760, un navire de la compagnie française des Indes orientales.

A son bord, des esclaves malgaches qui ont été acheté en fraude et qui sont destinés à être revendu en île de France (qui est maintenant l'île Maurice). Ces esclaves sont apeurés, maltraités et jetés à fond de cale sans aucune douceur.

L'île de Tromelin est composée d'un terrain plat et sablonneux. Elle est recouverte de petits arbustes. Le point le plus élevé de l'île se situe à 7 mètres d'altitude!

Elle fait 1 700 mètres de long et 700 de large.

Elle est entourée d'une barrière de récif coralliens très dangereux et son accès est vraiment délicat et très difficile. La navigation y est dangereuse.

L'île des sables est un îlot perdu au milieu de l'océan indien et la terre la plus proche se trouve à environ 500 kilomètres de là.

Le navire "L'Utile" va y faire naufrage avec sa "cargaison" à bord : des esclaves malgaches. Ainsi que de la viande salée, de la farine, de l'alcool.

Les esclaves sont 160.

Lors du naufrage, l'équipage de "L'Utile" est au complet au petit matin, c'est-à-dire les 123 membres d'équipage. Ils sont sains et saufs sur ce minuscule bout de terre.

Ils n'ont ni eau, ni vivres, pas d'abri et surtout plus de moyen de quitter l'île.

Une centaine d'esclaves ont survécu au naufrage.

Les survivants vont récupérer tout ce qui leur sera utile sur l'épave : vivres, barils d'eau, vin, eau de vie, farine, boeuf, lard et des outils ainsi que du bois et les voiles. Bref tout ce qu'il est possible de récupérer pour survivre sur l'îlot désertique.

Le rationnement de l'équipage est important mais personne ne donne quoique se soit aux esclaves.

Les premiers puits sont creusés mais sans résultat. Alors un autre est creusé et là, un peu plus de chance, il y a de l'eau.

Entre temps, une trentaine d'esclaves n'a pas survécu.

Des campements sont construits, toujours pour l'équipage, puis un autre pour les "noirs".

L'ordre règne : les esclaves et les blancs vivent dans des camps différents.

Et enfin ils décident de construire une embarcation afin de pouvoir partir de l'île. Cette embarcation fut nommée " la Providence".

Pour construire l'embarcation, l'équipage décida de demander de l'aide aux esclaves en échangeant avec eux un peu de nourriture et d'eau.

N'ayant pas le choix, les esclaves acceptèrent et l'embarcation fut bientôt prête.

En 2 mois, le bateau fut achevé.

L'équipage embarqua en premier et malheureusement, il fut impossible de prendre plus de monde. Avec les 123 membres l'embarcation était au complet.

Ils partiront donc en laissant les survivants sur l'île.

Le capitaine Jean de la Fargue avait fait une promesse car les esclaves l'avaient aidé. Il avait promis de venir les rechercher dès qu'ils atteindraient une île.

L'embarcation arrive tout de même rapidement sur l'île Maurice. Jean de la Fargue instruisit les autorités mais le gouverneur, furieux contre lui, car il avait désobéi à ses ordres en détournant le navire pour chercher des esclaves, refusa de porter secours aux esclaves.

La polémique arriva jusqu'à Paris, au Condorcet. Mais la guerre de 7 sept ans fit oublier les naufragés puis la compagnie française des Indes fit faillite en 1769.

Plus personne n'entendra parler des naufragés jusqu'en 1773 ou 1774, lorsqu'un navire qui passe à proximité les voit.

15 années ont passée et rien n'apparaissait à l'horizon, pas un bateau en vue jusqu'au jour où une voile apparut, les survivants firent des signes mais le bateau repartit.

Un autre revient un mois environ plus tard mais ne réussit pas à accoster. Un autre mit une chaloupe à la mer mais les récifs la firent chavirer. A son bord un survivant arriva parmi les esclave, un français.

Le bateau s'en était allé une nouvelle fois.

Le français demanda à construire une embarcation et il réussit. Il emmena certains esclaves avec lui mais laissa sa femme et son enfant sur l'île en promettant de revenir. On ne les revit jamais.

Ce n'est que le 29 novembre 1776 que le chevalier de Tromelin accoste sur l'île et recueille les survivants : sept femmes et un bébé de 8 mois (le bébé du français).

La corvette nommée "Dauphine" commandée par le chevalier, va charger les 8 survivantes, uniquement des femmes, dont le bébé, sa mère et sa grand-mère.

Ce n'est que 2 siècles plus tard, après une longue enquête historique menée par Max Guérout qu'une mission archéologique débarque sur l'île de Tromelin afin d'y retrouver les traces des esclaves oubliés de Madagascar.

La mission fut en 2006, elle a étudié le site du naufrage du navire "L'Utile" ainsi que les habitats des esclaves.

La mission fut achevée en 2008 et une 2è mission fut dirigée par le Groupe de recherche archéologique préventive : Inrap.

Eux vont étudier les conditions de vies des survivants, la recherche de sépultures.

A ce jour, la qualité des vestiges confirme bien un site archéologique original, un lieu de mémoire qu'il faut absolument protéger.

Une autre mission a permis de terminer l'étude de l'habitat. La découverte d'outils comme des burins, grattoirs, haches, gouges révèlent une grande activité manuelle sur l'île.

Des objets de la vie courante ont aussi été découverts.

L'île des Sables dit TromelinL'île des Sables dit Tromelin
L'île des Sables dit Tromelin

L'île des Sables dit Tromelin

Les fouilles et les objets qui prouvent la vie sur l'île . Auteur  photo 2 : Thomas Romon (Inrap)
Les fouilles et les objets qui prouvent la vie sur l'île . Auteur  photo 2 : Thomas Romon (Inrap)Les fouilles et les objets qui prouvent la vie sur l'île . Auteur  photo 2 : Thomas Romon (Inrap)
Les fouilles et les objets qui prouvent la vie sur l'île . Auteur  photo 2 : Thomas Romon (Inrap)

Les fouilles et les objets qui prouvent la vie sur l'île . Auteur photo 2 : Thomas Romon (Inrap)

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